François Couperin (1668-1733)
Le maître du Clavecin et de la musique baroque française
Voici un éventail assez large des compositions de ce musicien dit « Couperin le Grand » pour le distinguer de son père Charles et surtout de son oncle Louis (voir en fin d’article).
4 pièces de Clavecin : Le Rossignol en Amour – Les Barricades Mystérieuses – La Lugubre – Le Tic-Toc-Choc
Couperin au piano par Grigory Sokolov : 16 pièces du XIIIème Ordre du IIIème Livre
Musique de chambre : « La sultane »
Musique vocale : motets composés sur ordre du Roy en 1703
Musique vocale : Troisième Leçon de Ténèbres
Le détail de ces extraits est décrit dans la suite de cet article, avec quantité d’autres œuvres de ce merveilleux compositeur.
Vous trouverez notamment en fin d’article les « Trois Leçons de Ténèbres » avec le texte intégral latin et sa traduction en français. Je vous souhaite autant de plaisir à écouter ces œuvres que j’en ai eu à les découvrir à l’occasion de ces recherches.
Mon engouement m’a notamment amené à insister ici sur sa musique vocale qui m’a totalement charmé…

Le Maître du Clavecin
Né à Paris François Couperin (1668-1733) a hérité de la charge d’organiste de l’église Saint-Gervais à seulement dix-huit ans, succédant à son père. Il devient par la suite organiste à la cour de Louis XIV, où il compose pour le roi et sa cour.
Mêlant les influences françaises et italiennes, notamment celle de Corelli, son œuvre est emblématique du raffinement et de l’élégance de la musique française de l’époque, marquant profondément l’histoire de la musique pour clavecin.
Ses compositions, regroupées dans quatre livres publiés entre 1713 et 1730, totalisent plus de 230 pièces.
Elles sont souvent descriptives et évocatrices, avec des titres poétiques comme Les Barricades Mystérieuses, Le Tic-Toc-Choc ou Le rossignol en amour...
« La Superbe, ou La Forqueray »
Pièces pour clavecin Livre III, Ordre N° 17 / 1 en Mi mineur.
Par Nicholas Parle, Clavecin
« Les Barricades Mystérieuses »
Une pièce hypnotique et rythmée, typique du style de Couperin.
Par Bruno Procopio, Clavecin (2010)
Par Alexandre Tharaud, Piano. On doit reconnaître ici l’avantage du piano sur le clavecin, et tout l’art d’Alexandre Tharaud pour mettre en valeur le chant de la basse, que je trouve noyé dans les arpèges du clavecin. A vous de juger !
« La Lugubre », Sarabande
Pièces de clavecin, Livre I, Ordre 3: No. 4
Par Christophe Rousset, Clavecin.
« Le Rossignol en amour »
Le Rossignol en Amour – Livre 3, 14e Ordre in D Major (Remastered 2021) · Wanda Landowska
Par Friedrich Gulda, Clavecin

A la fin de la pièce « Le Rossignol en amour », Couperin a donné les instructions suivantes :
« Il n’est pas nécessaire de suivre la pulsation de trop près dans les variations : mettez l’accent sur l’expression, jouez les notes rapides proprement, et arrondissez les ornements marqués. Ce Rossignol peut être exécuté avec le plus grand succès à la flûte s’il est bien joué ».
Suivent deux versions « bien jouées » !
Par Hanneke van Proosdij, Flûte à bec en Ré
& Derek Tam, Clavecin.
Par La Chapelle Harmonique : Geneviève Pungier, traverso – Victorien Disse, théorbe – Bérengère Sardin, harpe baroque – Valentin Tournet, viole de gambe et direction.
Le Tic-Toc-Choc ou Les Maillotins
Livre III, Ordre 18: No. 6
Par Christophe Rousset, Clavecin.
Par Alexandre Tharaud, Piano : une amusante vidéo dans laquelle il joue sur une table en verre…
Par Grigory Sokolov, Piano (2002).
La vidéo montre bien la virtuosité de cette pièce avec le chevauchement léger et rapide des 2 mains…
Et voici Grigory Sokolov, dans un récital Couperin en 2001 à Schwetzingen !
Pièces de Clavecin – IIIème Livre – XIIIème Ordre en Si mineur : 16 pièces.
XVIIIème Ordre en Fa majeur : 7 pièces.
Le récital Couperin : les deux Ordres.
La liste de tous les titres de ces 23 pièces :
XIIIème Ordre en Si mineur : Les lis naissans – Les rozeaux – L’engageante – La Virginite’ Sous Le Domino Couleur D’invisible – La Pudeur Sous Le Domino Couleur De Roze – Les Folies Francoises, Ou Les Dominos – L’Esperance Sous Le Domino Vert – La Fidelite Sous Le Domino Bleu – La Perseverance Sous Le Domino Gris De Lin – La Langueur Sous Le Domino Violet – La Coqueterie Sous Diferens Dominos – Les Vieux Galans Et Les Tresorieres Suranees Sous Des Dominos Pourpres Et Feuilles Mortes – Les Coucous Benevoles Sous Des Dominos Jaunes – La JalouiseTaciturne Sous Le Domino Gris De Maure – La Frenesie, Ou Le Desespoir Sous Le Domino Noir – L’ame-en Peine
XVIIIème Ordre en Fa majeur : Allemande La Vemeuil – La Vemeuillete – Soeur Monique – Le Turbulent – L’attendrissante – Le Tic-Toc-Choc, Ou Les Maillotins – Le Gaillard-Boiteux
Musique de Chambre / Orchestre Royal
Couperin a composé de magnifiques œuvres de musique de chambre, joués à la cour de Louis XIV, notamment ses Concerts Royaux et Les Goûts réunis, où il fusionne les styles français et italien.
« La sultane »
Sonate en ré mineur pour 2 violons et viole de gambe
I. Gravement – II. Gaiement – III. Air – IV. Gravement – V. Légèrement – VI. Vivement
Par François Fernandez, Violon – Emmanuel Balssa, Viole – Elisabeth Joyé, Clavecin.

XIV° Concert Royal – Les goûts réunis
1. Gravement 2. Allemande (vivement) 3. Sarabande (grave)
4. Fuguète
Par Alfredo Bernardini, Hautbois – François Fernandez, Violon – Emmanuel Balssa, Viole – Elisabeth Joyé, Clavecin.
« L’Impériale » – extrait de « Les Nations »
Sonade : Gravement – Vivement – Gravement Et Marqué – Légèrement – Rondement – Vivement
Par l’ensemble « Les Ombres« , direction artistique : Margaux Blanchard, Viole de gambe et Sylvain Sartre, Flûte.
La Musique Vocale
Motets pour le Roy
« Venite, exsultemus Domino » – Petit Motet
Par Virginie Thomas, soprano, Anaïs Bertrand, mezzo-soprano et le Choeur & Orchestre Marguerite Louise, Gaétan Jarry
Quatre versets d’un motet composé sur ordre du Roy en 1703
Verset 11ème : Tabescere me fecit
Verset 12 ème : Ignitum eloqiuim tuum
Verset 13 ème : Adolescentulus sum ego
Verset 14 ème : Justitia tua in aeternum
Verset du motet de l’année dernière : Qui dat nivem
Sept versets d’un Motet composé sur ordre du Roy en 1704
Verset 4 ème : Converte nos Deus
Verset 5 ème : Numquid in aeternum
Verset 7 ème : Ostende nobis Domine
Verset 8 ème : Audiam quid loquatur
Verset 11ème : Misericordia et veritas
Verset 12 ème : Veritas de terra
Verset 13 ème : Eternim Dominus
Sandrine Piau et Caroline Pelon, soprani, Jean-Paul Fouchécourt, contre ténor, Jérome Correas, basse,
Les Talens Lyriques, Christophe Rousset clavecin et direction, Florence Malgoire et Odile Edouard, violons, Franck Theuns, flûte traversière, Marianne Muller, viole de gamba, Michel Henry et Daniel Dehais, Hautbois
Trois Leçons de Ténèbres
Les Trois Leçons de Ténèbres de François Couperin (1714) sont des pièces vocales sacrées écrites pour la Semaine Sainte, mettant en musique des extraits des Lamentations de Jérémie. Les deux premières sont à une seule voix.

« Il n’y a peut-être aucune œuvre, dans toute la musique française du XVIIe siècle, qui puisse toucher l’auditeur aussi profondément que les Leçons de Ténèbres de Couperin. »
René Jacobs
Des 9 Leçons composées par Couperin pour les offices des matines de la Semaine Sainte, seules les 3 du Mercredi ont été éditées et conservées.
Vous trouverez en fin d’article l’intégralité des textes et leur traduction en français.
Première Leçon de Ténèbres
Par Gwendoline Blondeel, Soprano – Ronan Kernoa, Viole de gambe – Ewald Demeyere, Orgue.
Deuxième Leçon de Ténèbres
Par Camille Hubert, Soprano – Ronan Kernoa, Viole de gambe – Ewald Demeyere, Orgue.
Troisième Leçon de Ténèbres
Par Gwendoline Blondeel & Rachel Redmond, Soprani – Les Arts Florissants, William Christie, Direction.
Par Montserrat Figueras & Maria Cristina Kiehr, Soprani
Direction & soliste : Jordi Savall Orchestra Le Concert Des Nations (2001)
Bande originale du film « Tous les matins du monde » d’Alain Corneau d’après le roman de Pascal Quignard (1991).
Par le « Concerto Vocale » – René Jacobs, Contre-Ténor & Direction (1983)
Vincent Darras, Contre-Ténor – William Christie, Clavecin & Orgue – Wieland Kujken, Basse de Viole – Konrad Junghänel, Théorbe.
Si vous aimez comparer les interprétations, voici la même Soprano Gwendoline Blondeel, dans deux ensembles et deux diapasons différents, mais sensiblement aux mêmes tempi…
Par Gwendoline Blondeel & Rachel Redmond, Soprani
Les Arts Florissants, William Christie, Direction.
Par Gwendoline Blondeel & Camille Hubert, Soprani
Ronan Kernoa, Viole de gambe – Ewald Demeyere, Orgue.
Et si vous souhaitez écouter l’intégralité de ces « Trois leçons de ténèbres », voici un enregistrement réalisé pendant le confinement en 2020 par le Festival de Namur… Un enchantement !… La prise de son est magnifique, et c’est aussi très bien filmé : https://youtu.be/tWJ8E239qc0?si=AlPRoQBodwWG9bt-
A la 30ème minute, après les 2 premières « Leçons », respectivement de 17′ et 13′, les interprètes ont inséré une Chaconne (de 6′) pour Viole de gambe avec orgue au continuo, de Marin Marais (1656-1728). Pour rappel, une chaconne est comme une cadence avec des variations sur une basse qui se répète. Au fur et à mesure, les variations sont de plus en plus virtuoses, donnant l’impression qu’il y a 2 instruments à corde, alors qu’il n’y a ‘que’ la viole, qui a 7 cordes à son arc !
Par Gwendoline Blondeel & Camille Hubert sopranos – Ronan Kernoa, Viole de gambe – Ewald Demeyere, Orgue.
Louis Couperin (c. 1626-1661)

Louis Couperin était l’oncle de François Couperin, beaucoup plus connu que le père de François.
Voici 2 Suites en Ré, par Gustav Leonhardt :
1. Prélude 2. Gaillarde 3. Chaconne
1. Prélude 2. Allemande 3. Courante
4. Courante 5. Sarabande 6. Sarabande
7. La pastorella 8. Chaconne.
Voici le texte intégral des Trois Leçons de Ténèbres et la traduction en français :
Première Leçon de Ténèbres
Incipit Lamentatio Jeremia Propheta
Aleph
Quomodo sedet sola civitas plena populo? Facta est quasi vidua domina gentium, princeps provinciarum facta est sub tributo.
Beth
Plorans ploravit in nocte, et lacrymæ ejus in maxillis ejus : non est qui consoletur eam ex omnibus charis ejus. Omnes amici ejus spreverunt eam, et facti sunt ei inimici.
Ghimel
Migravit ludas propter afflictionem, et multitudinem servitutis ; habitavit inter gentes, nec invenit requiem. Omnes persecutores ejus apprehenderunt eam inter angustias.
Daleth
Viæ Sion lugent, eo quod non sint qui veniant ad solemnitatem : omnes porta ejus destructa, sacerdotes ejus gementes, virgines ejus squallida, et ipsa oppressa amaritudine.
He
Facti sunt hostes ejus in capite, inimici ejus locupletati sunt : quia Dominus locutus est super eam propter multitudinem iniquitatum ejus. Parvuli ejus ducti sunt in captivitatem, ante faciem tribulantis.
lerusalem, lerusalem, convertere ad Dominum Deum ruum.
Commencement des Lamentations du Prophète Jérémie
Aleph
Comment est-il possible que cette cité qui était naguère si pompeuse, soit maintenant abandonnée ? La reine des nations est devenue semblable à une veuve ; et la princesse des provinces est sujette à payer le tribut.
Beth
Elle a pleuré toute la nuit, ses larmes ont coulé le long de ses joues et il ne se trouve aucun de ses proches qui la console. Tous ses amis l’ont méprisée et se sont rendus à ses ennemis.
Ghimel
La Judée est captive en punition de l’affliction qu’elle a causée. Elle a été contrainte de se retirer entre les nations étrangères, où elle n’a point trouvé de repos : car tous ceux qui l’ont persécutée l’ont réduite à l’extrémité entre des lieux étroits.
Daleth
Les voies de Sion se lamentent, d’autant que l’on ne vient plus à la solennité : toutes ses portes soupirent, ses Vierges sont désolées, et elle-même est oppressée par les amertumes.
He
Ses ennemis l’ont dominé ceux qui lui ont voulu du mal, ont prospéré, parce que le Seigneur l’a frappée à cause du grand nombre de ses iniquités; et ses petits ont été menés en captivité, à la vue de celui qui l’a persécutée.
Jérusalem, Jérusalem, convertissez vous au Seigneur votre Dieu.
Deuxième Leçon de Ténèbres
Vau
Et egressus est a filia Sion omnis decor ejus : facti sunt principes ejus velut arietes non invenientes pascua, et abierunt absque fortitudine, ante faciem subsequentis.
Zain
Recordata est lerusalem dierum afflictionis suæ, et prevaricationis omnium desiderabilium surorum, qua habuerat a diebus antiquis, cum caderet populus ejus in manu hostili, et non esset auxiliator. Viderunt eam hostes, et deriserunt Sabbata ejus.
Heth
Peccatum peccavit lerusalem, propterea instabilis facta est. Omnes qui glorificabant eam, spreverunt illam : quia viderunt ignominiam ejus. Ipsa autem gemens conversa est retorsum.
Teth
Sordes ejus in pedibus ejus, nec recordata est finis sui. Deposita est vehementer, non habens consolatorem. Vide Domine, afflictionem meam : quoniam erectus est inimicus. lerusalem, lerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
Vau
La fille de Sion a perdu tout l’ornement qu’elle avait : ses princes ont été faits semblables aux moutons qui ne trouvent point de pâture; et comme il ne leur est plus resté de forces pour se défendre, ils ont été amenés devant le Tyran qui les a vaincus.
Zain
Jérusalem s’est bien ressouvenue des jours de son affliction et de sa rébellion : elle n’a point perdu la mémoire de toutes les choses désirables qu’elle avait aux temps passés, lorsque son peuple commença de tomber entre les mains de ses ennemis, et qu’elle fut abandonnée de tous ses amis. Ses adversaires l’ont trouvée de la sorte, et se sont moqués de ses Sabbats.
Heth
Jérusalem a péché, c’est pourquoi elle n’a plus de support: tous ceux qui publiaient sa gloire la méprisent, parce qu’ils ont découvert son infamie. Et elle en soupirant, s’est retournée de honte en arrière.
Teth
Ses honteuses tâches paraissent sur les pans de sa robe, et elle ne s’est point souvenue de sa fin. Elle a été ravalée jusque dans l’extrême bassesse, ne trouvant point de consolation. Seigneur, regardez ma misère : car mon ennemi s’est élevé par ma chute. Jérusalem, Jérusalem, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu.
Troisième Leçon de Ténèbres
La Troisième Leçon de Ténèbres suit le style traditionnel des Leçons : un mélange de versets en latin issus de la Bible et d’ornementations propres à la musique baroque française.
Je vous propose quatre versions : la 1ère et la 3ème par deux voix de femmes, la 2ème par deux voix d’hommes Contre-Ténors.
Les Leçons de Couperin ont cette particularité, comme une grande partie de sa musique, d’accomplir une synthèse de l’héritage grégorien, du goût français et du goût italien. L’héritage du grégorien, vous l’entendrez notamment dans ces passages en mélismes sur les lettres hébraïques qui ouvrent chaque partie : Iod, Caph, Lamed, Mem, Nun.
Pour exprimer la sévérité des reproches adressés par Jérémie au peuple de Jérusalem, certains usages se sont perpétués, comme celui de réserver aux lettres hébraïques des vocalises prolongées, roucoulantes, favorisées par les voyelles a, e, o, qui conviennent si bien aux voix élevées. Rien n’était négligé pour mettre en valeur le côté dramatique, larmoyant, de ces longues plaintes : toutes les grâces du chant français d’une part, avec ses « agrémens », son ornementation, tels qu’on les faisait entendre dans les « doubles » des Airs de cour; tous les artifices du chant italien, d’autre part, avec ses « retards », ses suspensions de notes, ses dissonances, ses intervalles disjoints, tous ces procédés aptes à maintenir l’attention de l’auditeur, tout cela est mis en oeuvre pour dramatiser la musique sans paroles de ces voyelles.
L’influence italienne se manifeste par une vocalité libre, souple et parfois brillante, mais aussi dans l’expressivité de la musique, souvent calquée sur les détails du texte. Enfin d’autres traits relèvent plutôt de l’école française, comme cet intimisme qui donne le sentiment que le clair obscur se rapproche davantage de Georges de La Tour que du Caravage, mais aussi cette simplicité magnifique de certains airs qui rejoignent presque la chanson.
Couperin accomplit ainsi son idéal des « goûts réunis » réunissant les caractéristiques des styles italien et français, mais révèle également son génie mélancolique qui n’a rien à envier à l’esprit léger et divertissant de sa musique instrumentale.
lod
Manum suam misit hostis ad omnia desiderabilia ejus :
quia vidit gentes ingressas Sanctuarium tuum, de quibus praceperas ne intrarent in Ecclesiam tuam.
Caph
Omnis populus ejus gemens, et quarens panem, dederunt pretiosa quaque pro cibo ad resocillandam animam. Vide Domine et considera, quoniam facta sum vilis.
Lamed
O vos omnes, qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus ; quoniam vindemiavit me, ut locutus est Dominus in die iræ furoris sui.
Mem
De excelso misit ignem in ossibus meis, et erudivit me : expandit rete pedibus meis, convertit me retrorsum : posuit me desolatam : tota die moerore confectam.
Nun
Vigilavit jugum iniquitatum mearum : in manu ejus convoluta sunt, et imposita collo meo : infirmata est virtus mea : dedit me Dominus in manu, de qua non potero surgere.
lerusalem, lerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
lod
L’ennemi a jeté sa main sur toutes les choses précieuses qu’elle avait : elle a vu entrer des étrangers dans son Saint lieu, qui selon vos ordonnances divines ne devaient point être reçus dans les assemblées de vos Fidèles.
Caph
Tout son peuple, en cherchant son pain parmi les gémissements, a donné ce qu’il avait de plus précieux, pour trouver de quoi vivre.
Seigneur, regardez et contemplez comme je suis devenue peu de chose.
Lamed
O vous tous, qui passez par la voie, arrêtez-vous un peu, et considérez s’il y a une douleur pareille à la mienne ; car le Seigneur m’a frappée au jour de l’embrasement de la fureur.
Mem
Il a envoyé d’en haut le feu dans mes os, qui m’a toute embrasée : il a tendu des filets devant mes pieds, et m’a mise par terre : il m’a ôté toute force de consolation, et m’a réduite à supporter tous les jours les amertumes d’une extrême douleur.
Nun
Il a toujours eu souvenance de mes iniquités : leur joug a toujours été lié autour de sa main, et a tellement pesé sur mon col, que ma force en est beaucoup diminuée: outre qu’il m’a livrée entre les mains de personnes dont je ne puis jamais espérer de liberté.
Jérusalem, Jérusalem, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu.