Écoute musicale n°80 Édith Canat de Chizy
Écoute musicale n°80 Édith Canat de Chizy

Écoute musicale n°80 Édith Canat de Chizy

Édith Canat de Chizy (*1950)

Tlaloc – Pour percussion solo (1984)

Yvon Robillard, Percussion – Vidéo intéressante à regarder…

Cinq miniatures – Pour violon et piano

Marianne Piketty, Violon & Dana Ciocarlie, Piano

Mobiles Immobiles – Pour piano (1997)

Dana Ciocarlie, Piano

Prélude au silence – Pour Piano (2010)

Dana Ciocarlie, Piano


Dios – Pour chœur de chambre a cappella (2005) 

Nederlands Kamerkoor dir. Roland Hayrabedian

Visio (2016)
Dance – Pour violon et vibraphone (2006)

Alexandra Greffin-Klein, Violon & Florent Jodelet, Vibraphone

Alive – Quatuor à cordes n°2 (2003)

Quatuor Ebène

En bleu et or – Pour alto et piano (2005)

Teodor Coman, Alto & Dana Ciocarlie, Piano (Live 2023)

Œuvre inspirée par le tableau ci-contre :
« Nocturne en bleu et or – le Vieux Pont de Battersea » de James Abbott McNeill Whistler

Nocturne en bleu et or - le Vieux Pont de Battersea
de James Abbott McNeill Whistler
Vagues se brisant contre le vent – Pour flûte et ensemble (2006)

Fabrice Jünger, flûte – Ensemble Orchestral Contemporain – Bruno Mantovani, Direction

Over the sea – Pour trio à cordes, accordéon et électronique ( 2012)
Arcanes – pour deux accordéons microtonals et électronique

Duo Xamp, Fanny Vicens et Jean-Etienne Sotty, Accordéons – Réalisation Informatique Musicale, Monica Gil Giraldo

Tiempo – Pour trio à cordes (1999)
Bells – Pour harpe, mandoline et guitare (2019)

Carillon – Tintement – Tocsin – Volée – Glas
TrioPolycordes : Florentino Calvo, mandoline et mandoloncelle – Sandrine Chatron, harpe – Jean-Marc Zvellenreuther, guitare

En pointe sèche – Pour Harpe (2023)

Quatuor Diotima – Pascal Contet, Accordéon – Réalisation Informatique Musicale, Gregory Beller

Alexandra Bidi, Harpe, lauréate du prix d’interprétation de l’œuvre commandée par le Concours international de l’ARD à Munich 2023

En noir et or * – Quatuor à cordes n°4
La ligne d’ombre – Pour Orchestre (2004)

Orchestre Français des Jeunes – David Zinman, Direction – Aix-en-Provence 4 Septembre 2015


* Pour en savoir plus…

Edith Canat de Chizy à propos de « En noir et or » – Quatuor à cordes n°4

Je voulais écrire un quatrième quatuor, parce que l’écriture du quatuor à cordes, pour moi, est quelque chose de très naturel, étant donné que je suis violoniste et que j’ai fait du quatuor à cordes très jeune. Et mon premier quatuor, je l’ai vraiment écrit comme une écriture, pour moi, qui est très naturelle. Donc j’ai fait la deuxième, la troisième, et puis je voulais faire un quatrième.

C’est Emmanuel André, de Philharmonie, qui m’a appelé au mois de mars, pour me demander si je voulais écrire un quatuor pour le quatuor Van Kuijk, pour la biennale du quatuor à cordes, qui a lieu en janvier, mais dans le cadre d’Eco Reasing Stars, qui consiste à mettre en valeur justement de jeunes interprètes. Alors, c’est un tout jeune ensemble qui ne fait très peu de musique contemporaine, qui n’en a pas encore fait beaucoup, disons. Et c’est très intéressant parce que, justement, on a une sorte de terrain vierge pour travailler, et donc ce quatuor ne doit pas excéder dix minutes.

C’est pour ça que j’ai fait un quatuor qui est d’un seul mouvement, sur un sujet bien précis. J’ai déjà fait une pièce pour alto et piano sur un tableau de Whistler, qui s’appelle « En bleu et or », c’est « Nocturne en bleu et or », c’est l’abbaye de Southampton. Et j’aime beaucoup ce rapport avec la peinture, c’est-à-dire ce rapport entre la matière picturale et le matériau sonore, cette idée de matière, qui donc, dans un tableau, peut être une matière très épaisse, ou au contraire, très fluide.

Et je connaissais ce tableau, je l’ai vu en réalité, il a été exposé au musée Marmotan, et vraiment c’était quelque chose qui m’était resté en mémoire, et j’ai eu envie de traiter ce quatuor à cordes avec ce tableau en arrière fond. Et c’est pour ça que je l’ai intitulé du titre du tableau « En noir et or ». C’est donc l’image d’un feu d’artifice, la nuit, bien évidemment, c’est le noir qui domine, mais c’est aussi le mouvement, la rapidité de la fusée qui s’élève, et la lenteur de la fusée qui redescend. Il y avait plein de choses qui évoquaient, dans ce tableau, la différence de mode de jeu, j’ai joué justement là-dessus, sur ce côté mystérieux, ce côté actif, donc l’aspect du mouvement qui a une grande importance aussi dans la musique.

Et puis cette opposition noir et or, qui pour moi aussi est quelque chose de très important, c’est-à-dire l’opposition des tessitures, l’organisation des tessitures entre extrême grave, extrême aiguë, médium, etc. Donc là j’ai utilisé justement beaucoup de modes de jeu différents, le mode de jeu peu appuyé, les pizz, les collégnaux, tout ce qu’on connaît, mais les cordes étouffées bien évidemment, de façon à ce qu’on passe, qu’on change d’atmosphère, que toutes les atmosphères de ce tableau soient présentes. Et surtout c’est une écriture qui est extrêmement basée sur le mouvement, sur la fluidité, sur la rapidité du geste.

Pour moi le geste est très important, je pense que c’est lié aussi à ma pratique du violon, parce que le geste instrumental est très important dans le violon, peut-être plus quand on est pianiste, plus quand on est instrumentiste avant, parce qu’il y a cette notion de geste de gauche et de droite, la main gauche et la main droite, et du coup ça passe dans l’écriture forcément, parce qu’on a ces espèces, comme disait Messiaen, de sons fusées, et je crois que vraiment toute ma musique est imprégnée de cette notion de geste. Chaque fois le quatuor à cordes, ce qu’il y a de très exigeant c’est la forme, et donc ça oblige vraiment à tout contrôler et à creuser, vraiment la notion de timbre, la notion de mode de jeu, la notion de tout ce qu’on peut faire avec l’instrument à cordes. C’est vrai que le fait d’être violoniste, ça aide énormément.

Alors bien sûr, moi je pense qu’on peut faire énormément de choses avec l’écriture à cordes, et c’est une sorte de challenge à chaque fois, c’est-à-dire, qu’est-ce que je vais pouvoir trouver pour aller encore plus loin dans l’écriture ?

Édith Canat de Chizy

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